mercredi 19 avril 2017

De la tonte.... A proprement parler.

Ce sujet, je devais le traiter depuis un moment, mais en m'y attelant ce sont d'autres idées qui me sont venues en tête. Cette fois encore, j'aurais encore envie de digresser, et tout ça à cause de mon Chapin et de son texte sur ce qu'évoque pour lui cette idée de tondre sa soumise, de me tondre... Parce que ses idées sont claires, ordonnées, réfléchies, et que moi, je ne sais écrire que d'un coup, que d'une traite laisser couler le flot des pensées qui ne me donnent que l'impression de laisser filer, échapper, se répandre et que je me questionne alors sur le pourquoi de cette incapacité, de cette immédiateté.....
Rhaaaaaaaaaaaaaaaa, non, la tonte, je voulais parler de la tonteuuuuuh!!

J'ai précédemment évoqué d'autres marques d'appartenance telles le tatouage ou le piercing lorsque l'on souhaite leur donner ce sens au sein du bdsm, les plus "évidentes", les plus visibles bien qu'assez peu répandues car demandant une réelle implication au sein d'un couple et non pas de soumises SDF (SansDomFixe) ou de Masters qui connaissent par cœur l'argus de la viande en fonction de sa fraîcheur...

En revanche, il existe une pratique bien moins fréquemment rencontré dans les images "folkloriques" du BDSM alors que laissant une "marque" qui durera mais à la temporalité restreinte même si plus longue qu'une trace de fouet, la pratique de la tonte n'est guère représentée.
C'est un acte fort qui a pourtant des adeptes mais, comme le piercing génital, bien souvent rattaché à une notion d'esclavage. Cependant, des anneaux dans une culotte, ça ne pose pas trop de soucis au quotidien alors que tondre les cheveux d'une femme....

Il y a des images qui sont parlantes: une équipe de foot féminine, les joueuses ont presque toutes les cheveux longs comme si faire un sport "de mec" implique de montrer sa féminité, et quoi de mieux qu'une longue crinière? Voyez aussi la rareté des femmes à cheveux courts et des hommes à cheveux longs. Louise Brooks qui avait tout de même un petit carré  était une actrice à la coupe "garçonne" de l'époque, et pour une Twiggy ou Eve, combien de mannequins à cheveux longs?
Le cheveux long comme marqueur de la féminité.
Or si je suis une femme, je ne me sens pas "féminine", j'en ai les panoplies pourtant de ce que j'en imagine: jupes noires, bas, talons, chemisiers échancrés tout à fait portables au quotidien pourtant, mais dont je n'arrive pas à m'accoutrer préférant toujours le pratique, rapide et chaud plutôt que ce qui me renvoi à l'apprêté, le "pas moi" qui lorsque je m'aime bien me trouve une tête de Cartoon que j'apprécie plutôt que celle de la femme fatale à laquelle je ne peux m'empêcher de rattacher le terme de "féminine" et que je ne pense jamais pouvoir être.
Mais ne pas être féminine ne veut pas dire nier sa féminité, seulement voilà ma féminité n'est pas dans mes cheveux et leur longueur, depuis des années, je les porte résolument courts, très courts, de couleurs plus ou moins définies et reconnaissables avec une nette préférence pour le coloris cyclamen lumineux, le violet m'allant bien moins au teint.

J'ai donc les cheveux courts et pourtant je crève d'envie (avec une pointe d'appréhension tout de même quant aux mésinterprétations que cela pourrait induire vu ma consommation tabagique et/ou mon peu de poitrine) que mon Homme me rase, qu'il s'arme d'une tondeuse et la passe sur mon crâne, que je n'ai plus de cheveux, qu'une peau nue et vierge...
Enfin vierge, j'ai déjà été rasée une fois mais de mon fait, d'une façon quelque peu cathartique.
Cette "pratique" m'a toujours interpelé même si ses origines viennent sûrement d'ailleurs, je l'ai rapidement intégrée à ma vision du BDSM (sûrement aussi parce que la lecture de "La Liste" de Nurse Jones m'a marquée) et elle a précédemment été attendue, espérée, parce que le constat, déjà, de la violence que cela pourrait revêtir alors que bien moins dangereux pourtant que beaucoup de pratiques, mais si peu usuel...  et rejoignant ce côté provoc, iconoclaste et libertaire de ce que je veux que soit mon BDSM: un espace de liberté partagé avec mon partenaire de vie.
Lorsque pendant des années cela a été une envie qui est restée inassouvie, lorsque le partage n'a pas eu lieu et que l'histoire à laquelle elle a été liée s'est achevée avec les mains sales et la nausée, je ne pouvais qu'imaginer me réapproprier ceci.
Il a été question à un moment d'en faire une sorte de happening avec mon amie CyrielleS commençant par une mise aux enchères de ma tonte sur Fetlife ou des sites spécifiques, mise aux enchères sur le principe des cagnottes participatives offrant aux contributeurs d'une photo de la session à l'ensemble des cheveux, et ce afin de financer la réalisation d'un FlipBook car des photos seraient réalisées, à chaque passage de la tondeuse des dessins exécutés par CyrielleS apparaissant... Il me fallait une réappropriation.
Mais faute d'organisation et de témérité de ma part, le projet n'a jamais vu le jour. Cependant, il fallait que je le fasse, ce qui a été le cas avant de partir en vacances avec des amis du couple que je formais auparavant, et phénomène très drôle mon visage a enflé de haut en bas sur plusieurs jours au point de devoir appeler SOS Médecins alors que le pharmacien vu la veille m'avait simplement suggéré de la biafine, le médecin vu dans l'après-midi des corticoïdes, inefficaces. Et ce Doc de me dire que "non, ce n'est pas un coup de soleil. Avez vous vécu un évènement stressant il y a peu? Parce que ceci est un œdème angioneurotique"... J'aurais dû faire un casse dans une banque, la reconnaissance faciale n'aurait rien donné!!
Et puis...
Et puis au détour d'un merci pour un mot laissé à une photo, j'ai été séduite, je suis amoureuse de cet homme à la sensibilité particulière, aux fétichismes étranges et aux yeux magnifiques, changeants comme l'océan auprès duquel il a grandi...
Et cette envie d'être enfin tondue par l'Homme que j'aime.

Mais est-ce à Lui que je l'offre, ou à moi?
Lorsque je parle de BDSM "de prétexte" je ne pense pas détenir la vérité, mais je crois que bien souvent c'est le cas.
Je pense que la relation BDSM et son échange de pouvoir est une façon habile de réaliser ses envies, ses phantasmes, tout en s'en dédouanant puisque "volonté du Maître".

Depuis très longtemps, je trouve les femmes aux cheveux rasés superbes, de Ripley (tiens, elle se prénomme Ellen^^) à Annie Lennox en passant par Ève qui était une des égéries de Gaultier dans les années 90, sans oublier Charlyze Theron dans MadMax2... Si mon image de la féminité se rattache à la caricature de la secrétaire, ces femmes prennent pour moi un relief particulier de leurs cheveux rasés. Comme si plus que la beauté "canonique" c'était cette originalité, cette rareté qui m'interpelait, me parlait.
A défaut d'être belle, être rare?
Alors pour donner une tournure BDSM à cela, peut-être puis-je dire qu'ainsi je ne me contente pas d'un faire-valoir qui me tonde, mais de l'Homme que j'aime me permettant ainsi de devenir celle que j'ai envie, d'être, la femme que je pourrais trouver belle? Accéder grâce à mon ActicelandicPony à ma féminité?

Il y a la sensation aussi. La première douche prise avec les cheveux juste coupés très courts, sentir les gouttes d'eau s'écraser sur le crâne, la première averse et se surprendre à s'arrêter pour ressentir la pluie comme jamais on ne l'a ressentie, en entendre même le bruit, percevoir cette goutte sur la tempe et la sentir couler en fin filet... De nouvelles sensations que je pourrais appréhender grâce à Lui m'ayant tondu... Je ne sais pas si c'est bdsm, mais ça en a le principe...

Il y a aussi cette idée de "faire la nique" aux clichés, d'une part de façon générale concernant la notion de féminité, et d'autre part en BDSM un pied de nez à ceux qui se défendent d'être de VMDDCN (Vrai Maître Digne De Ce Nom, merci Maxence^^) mais présentent néanmoins leurs "esclaves" comme de bonnes femelles bien dressées et ne pouvant qu'accepter de se faire saillir par qui ils le désirent, s'auréolant de gloriole auprès des plus influençables ou d'aussi hypocrites mais dont on sait pour les avoir côtoyés que c'est la-dite esclave qui choisi ses boutes en train...

Les racines de cette envie de tonte sont profondes, renvoient à bien plus qu'un simple folklore bdsm. Mais le bdsm est un moyen de sublimer cela, d'en faire un élément d'une histoire commune, avec des symboliques qui ne sont peut-être pas identiques, mais se complètent, se rejoignent, se retrouvent...

A force d'échanges, à mesure de se raconter, se confronter, se triturer les méninges, c'est notre histoire commune que nous inventons et vivons, le bdsm comme point d'ancrage et fil d'Arianne...






2 commentaires:

  1. Ah ben oui... je comprends mieux du coup.... t'as pas fini de t'en faire des cheveux blancs !
    ...Mouhahahahhahahahaha...

    RépondreSupprimer